Ils sont courts, longs, lisses, bouclés, roux, bruns, bleus… Aujourd’hui j’avais envie de parler avec vous de poils. Souvent vu comme sale, les poils remplissent pourtant diverses fonctions. Laissez-moi vous en dire plus  😉!

C’est quoi un poil en vrai ?

Source : Futura-Sciences

Le poil est ce qu’on appelle un phanère. Autrement dit, c’est un composant annexe de ce super-organe qu’est la peau.
Il est à lui seul un mini-organe composé d’une tige pilaire faite de kératine. Cette tige est produite et prend racine au niveau d’un bulbe pilaire qui est, lui, connecté à une glande sébacée (aka une mini usine à sébum) et, à un muscle horripilateur, responsable du phénomène de « chair de poule ».
D’ailleurs, ce phénomène de chair de poule est ce qu’on appelle un réflexe de survie qui a pour but d’alerter notre cerveau qu’il fait froid.

A l’inverse, lorsqu’il fait chaud, le poil va permettre au corps de se rafraîchir en faisant de la rétention de sueur💦. Ok, c’est pas très sexy mais c’est vachement utile quand il fait 40°C à l’ombre!

Un double standard poilant.

Source : VL Média

Les cheveux, les cils et les sourcils sont des poils désirés et validés par la société contrairement aux poils qui tapissent le reste du corps humain. Cette pression sociale est d’autant plus forte lorsque les poils sont féminins. Et oui, une femme ayant de longs cheveux est généralement perçue comme plus féminine qu’une femme ayant les cheveux courts.

D’ailleurs, au cœur des montagnes du Vietnam actuel, les femmes de la province du Yao ont des cheveux pouvant mesurer plus de 2m de long. Symbole de longévité et de prospérité, la (très) longue chevelure de ces femmes est perçue comme un critère de beauté important au sein de cette ethnie où l’entretien quotidien de ces cheveux fait partie intégrante des traditions.

Personnellement, j’ai toujours eu les cheveux longs (voir très longs quand j’étais plus jeune) et ce jusqu’à peu. Pourquoi ? Et bien parce que j’ai grandi dans une famille où une fille, une femme était considérée comme “belle” lorsqu’elle a de longs cheveux disciplinés. Ayant les cheveux bouclés, je vous laisse imaginer le temps qu’il fallait à ma grand-mère pour me démêler la tignasse et aplatir mes frisottis chaque matin !

Aujourd’hui, les poils intimes, des jambes, des bras, des aisselles… sont traqués, décolorés, arrachés car perçus comme sale et peu esthétique sur une femme. Alors que dans les années 80 arborer un maillot brésilien était à la mode,  la tendance actuelle est plutôt d’avoir le Mont de Vénus à nu.

Ces nouvelles habitudes capillaires sont la conséquence directe d’un martèlement médiatique, prônant un culte de l’épilation et des corps féminins imberbes et sexualisés. Vous souvenez-vous d’une pub signée Veet de 2011 qui avait pour slogan “Quand mon minou est tout doux, il fait miaou”? Le “minou” étant une métaphore pour la vulve et le pronom “il” désignant la gente masculine, vous l’aurez compris… HUM, je trouve cet exemple aussi flippant que parlant quand on sait que s’épiler n’est pas un acte dénué de risques. En plus de la douleur, s’épiler c’est aussi risquer d’avoir la peau irritée, inflammée voir même brûlée et ça, toutes les 2 à 4 semaines.

La résistance s’organise.

Depuis quelques années, les lignes bougent grâce à des femmes faisant le choix d’aller à contre-courant des diktats capillaires de nos sociétés. Parce que oui, soyons honnêtes! Aller chez le coiffeur, entretenir ses cheveux, s’épiler le maillot, se raser les jambes… c’est pas de tout repos.

Au niveau des cheveux, de nombreuses femmes dont Camille créatrice du compte instagram @jemenbatsleclito et Kicki créatrice du compte instagram @kickiyangz, ont sauté le pas de se raser la tête ; permettant ainsi de montrer que l’on peut être femme, ne pas avoir de cheveux et rayonner de beauté.

Source : @camilleaumontcarnel

Source : @kickiyangz

Source : @hellopecia

Le compte @hellopecia, créé par la sublime Amélie, permet de rendre visible les femmes souffrant d’alopécie (aka la chute des cheveux) voir d’absence de cheveux aux yeux de tous. D’ailleurs, si le sujet vous intéresse, je vous conseille l’épisode 37 du podcast Entre Nos Lèvres où Céline et Margaux, créatrices du podcast, ont interviewé Amélie sur son rapport à son corps, à sa féminité et à sa sexualité.

Pour ma part, niveau pilosité corporelle je suis encore en pleine déconstruction #WorkInProgress. Je vis plutôt bien le fait d’assumer mes poils notamment ceux des aisselles ; mais je me rase presque systématiquement les jambes à chaque douche et ce depuis le collège. J’ai encore du mal à trouver mes jambes belles lorsqu’elles sont poilues et à m’assumer telle qu’elle en public.

L’une des bloggeuses qui m’a permis d’entamer ce processus de déconstruction c’est Annabelle de la chaine youtube @A.I.M et cette VIDEO ! C’est suite à sa vidéo que je me suis demandée en 2018 : Est-ce-que je me trouve plus belle en étant épilée intégralement ? Est-ce-que le résultat obtenu vaut la douleur et la charge mentale que je m’impose au quotidien ?

Ma conclusion a été que non, ma valeur en tant qu’être humain, en tant que femme n’est pas proportionnellement corrélée à la quantité de poils que j’ai sur le corps.

Et vous ? Vous sentez-vous épanoui dans votre corps avec ou sans poils ?😊

Loubna B.

Source : @aimyt_